Guide · Contrats Futures
Un contrat Futures n'est ni une action ni un CFD. C'est un contrat standardisé, coté sur un marché réglementé, avec une échéance et des exigences de marge fixées à l'avance. L'effet de levier n'est pas une propriété du contrat : il résulte du rapport entre cette marge et l'exposition réelle qu'elle couvre. Avant d'y engager le moindre euro en trading intraday sur indices, il faut comprendre précisément ce que l'on négocie.
Ce que l'on négocie réellement
Les contrats Futures peuvent porter sur de nombreuses catégories de sous-jacents : matières premières, taux, devises, obligations, indices boursiers. Le Petit Trader s'intéresse ici principalement aux Futures sur indices boursiers, notamment le DAX Futures (FDAX) et le S&P 500 Futures (ES). Leur prix suit celui d'un indice boursier, sans que l'indice ne s'échange directement.
Chaque contrat est standardisé par sa bourse d'origine (Eurex pour le FDAX, CME pour le ES) : taille, échéances, horaires de cotation et modalités de règlement sont fixés à l'avance et identiques pour tous les intervenants. Cette standardisation permet de concentrer les échanges sur des contrats identiques et favorise ainsi leur liquidité, lorsque le marché réunit suffisamment d'intervenants. Elle permet aussi aux particuliers comme aux acteurs institutionnels d'intervenir sur le même marché centralisé et le même carnet d'ordres.
Cette page réunit les notions nécessaires pour comprendre la mécanique du contrat. Elle n'explique pas comment s'en servir en trading intraday, ni comment s'y intègre une méthode de lecture du marché : ces deux sujets sont traités respectivement dans le pilier Trading intraday et dans La Méthode.
Le mécanisme
Le mécanisme général est le même quel que soit le contrat. Un acheteur et un vendeur prennent des engagements opposés sur un prix et une échéance donnés. Un organisme central s'interpose aussitôt entre les deux parties pour garantir l'échange : c'est la chambre de compensation. La valeur de la position évolue ensuite avec le marché tant qu'elle reste ouverte, prise en compte par les mécanismes de marge et de compensation. La marge déposée garantit cette position auprès du courtier, sans en être le prix d'achat. Dans l'immense majorité des cas en trading intraday, la position est clôturée avant l'échéance, bien avant toute question de règlement final.
Le montant réellement exposé sur le marché est beaucoup plus élevé que la marge immobilisée pour ouvrir la position. Il dépend du cours du contrat et de sa taille, définie par un multiplicateur propre à chaque Futures. Cette exposition totale est appelée la valeur notionnelle du contrat. C'est l'écart entre cette valeur et la marge immobilisée qui produit l'effet de levier. Le gain ou la perte dépend ensuite du mouvement du cours, de la valeur du point et du nombre de contrats, pas du seul montant de marge déposé.
Plusieurs versions du même contrat sont disponibles en même temps, chacune avec une date d'expiration différente. En pratique, les échanges se concentrent surtout sur l'échéance la plus utilisée : on l'appelle le contrat actif. À l'approche de son échéance, les intervenants transfèrent progressivement leurs positions vers l'échéance suivante : c'est le rollover. Le graphique continu affiché par la plateforme recolle ces contrats successifs pour donner une lecture ininterrompue du prix, mais il ne s'échange pas lui-même : ce sont les contrats correspondant aux différentes échéances qui sont réellement négociables.
Chaque contrat Futures est coté pour une échéance déterminée, concentre progressivement les échanges, puis arrive à expiration. Comprendre cette mécanique évite deux erreurs fréquentes chez les débutants : garder une position sur un contrat proche de son échéance, ou confondre le graphique continu affiché par la plateforme avec le contrat réellement négocié.
Le tick fixe la plus petite variation de prix possible. La valeur notionnelle est l'exposition totale que représente le contrat, obtenue en multipliant le cours par le multiplicateur du contrat. La marge est la somme immobilisée par le courtier pour ouvrir la position, très inférieure à cette exposition. Le levier est ce que produit l'écart entre les deux. Confondre marge et valeur notionnelle est l'erreur la plus fréquente à ce stade.
Une contrepartie est la partie opposée à toute transaction. Sur un marché de gré à gré, cette contrepartie reste directe. Sur un marché organisé comme celui des Futures, un organisme central s'interpose entre chaque acheteur et chaque vendeur pour réduire ce risque : c'est la chambre de compensation. Elle exige des dépôts de marge et organise l'ajustement régulier des gains et des pertes. Elle ne supprime pas pour autant le risque de marché ni celui d'un appel de marge : elle garantit la mécanique de l'échange, pas le résultat de la position.
Un même sous-jacent peut coter sous plusieurs tailles de contrat, chacune avec son propre multiplicateur et sa propre valeur de point. Cette déclinaison permet de calibrer une exposition beaucoup plus précisément qu'avec le seul contrat standard, ce qui est particulièrement utile pour ajuster une taille de position au risque exact que l'on souhaite prendre.
Questions fréquentes
Un contrat Futures est coté sur un marché réglementé (Eurex, CME), avec une contrepartie centrale qui s'interpose entre les parties et réduit fortement le risque de contrepartie, ainsi qu'un carnet d'ordres public partagé par tous les intervenants. Un CFD est un produit de gré à gré proposé par un intermédiaire : le contrat lie directement le client à ce prestataire, même lorsque celui-ci couvre ensuite son exposition sur le marché. C'est une différence de structure, pas seulement de coût.
Non. La marge est une somme de garantie immobilisée par le courtier, pas le prix d'achat du contrat. Un contrat Futures représente une exposition notionnelle largement supérieure à la marge exigée : c'est précisément ce mécanisme qui produit l'effet de levier. Confondre les deux conduit à sous-estimer la taille réelle de la position ouverte.
Oui. La marge garantit la position auprès du courtier, elle ne plafonne pas la perte possible. Si les fonds disponibles deviennent insuffisants au regard de la marge exigée, le courtier peut demander un apport supplémentaire ou liquider la position. C'est la conséquence directe de l'effet de levier, qui amplifie l'impact des variations du marché, aussi bien à la baisse qu'à la hausse.
Ce sont plusieurs contrats portant sur le même sous-jacent, avec des multiplicateurs et des valeurs de point différents pour chacun. Un contrat mini ou micro permet de calibrer une exposition beaucoup plus précisément qu'avec le seul contrat standard, ce qui est particulièrement utile pour ajuster une taille de position au risque exact que l'on souhaite prendre. Le détail par instrument est traité dans la fiche Contrats mini et micro.
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Pour aller plus loin
Ce guide explique le fonctionnement des contrats Futures. La formation du Petit Trader enseigne comment les négocier concrètement, avec une méthode de lecture du marché appliquée au DAX Futures et au S&P 500 Futures.